Les évaporés

Les évaporés

Thomas B. Reverdy

Flammarion

  • 24 mars 2014

    Japon

    Ça démarrait bien, pourtant, avec un des personnages ressemblant à Richard Brautigan, un de mes auteurs préférés.

    Mais le récit peine à se mettre en place et je n'ai lu le Japon qu'en milieu de roman.

    Alors bien sûr, ce livre nous apprend ce qu'il est advenu de la zone de catastrophe naturelle et nucléaire du Sendai. Nous découvrons également ces salarymen "évaporés", ainsi que la main mise des yakuzas sur le pays.

    Pourtant, comme l'auteur avec la civilisation japonaise qui lui demeure étrangère (dernières pages du livre), je suis également restée en-dehors de l'histoire, comme une touriste qui ne comprend ni les kanjis, ni les katakanas.

    Je n'ai pas réussi à me laisser porter par les longues descriptions monotones, ni par l'enquête.

    L'image que je retiendrai :

    Celle des longs cheveux de Yukiko, qui fascinent Richard.

    http://motamots.canalblog.com/archives/2014/03/10/29118820.html


  • par (Libraire)
    2 décembre 2013

    Au japon, on a le droit de disparaître quand on veut s'échapper, on « s'évapore » et on n'est pas recherché. Un roman à plusieurs voix qui se croisent, une découverte du Japon contemporain. On suit Kaze qui choisit un matin de ne pas rentrer car il a des problèmes au travail. Sa fille vit aux USA depuis 10 ans et va essayer de retrouver son père, elle se fait aider par un de ses ex, mi poète mi détective. Sur fond de tsunami.
    Un roman agréable à lire, et dépaysant !


  • par (Libraire)
    15 novembre 2013

    tout en finesse

    Richard B., détective privé et poète, s’envole pour le Japon à la recherche du père de Yukiko, dont il est éperdument amoureux.

    Kaze, le père de Yukiko, est un "évaporé", un vrai phénomène de société au Japon à la fois tabou et tragiquement courant : un jour, pour échapper aux dettes, aux yakuzas ou au déshonneur, on s’évapore, on disparait en pleine nuit et on ne revient jamais…

    Nous voici donc plongés dans l’après Fukushima, avec un beau travail de recherche et de documentation de l’auteur.

    Mais réduire ce livre à sa part documentaire ne serait pas honnête : pour nous faire comprendre le Japon, Thomas Reverdy s’est donné la peine d’écrire un roman japonais (quand d'autres écrivent des romans américains) avec une intrigue et des personnages tout en finesse, en suggestion et en poésie.


  • par (Libraire)
    12 novembre 2013

    Etonnant Japon

    Richard B., détective dilettante et alcoolique chevronné, est un jour recontacté par son ancienne petite amie japonaise, dont le père vient de "s'évaporer", afin de partir à sa recherche.
    "Les évaporés", c'est le nom donné à ces Japonais qui, du jour au lendemain, décident en quelque sorte de se suicider socialement, et de renoncer à ce qui faisait leur vie - leur travail, leur famille, leur identité - pour continuer à survivre ailleurs, seul et sans passé.
    Ce roman de Thomas Reverdy, qui se donne à lire sur un rythme vagabond et contemplatif, est vraiment surprenant, hésitant toujours entre intrigue policière et poésie en prose.
    Même si l'art du thé et celui des jardins sont bel et bien présents, c'est surtout un paysage de solitudes résignées, et un Japon très étonnant, qui sont dessinés ici par Thomas Reverdy!


  • 8 octobre 2013

    Partir sans laisser d'adresse

    « Les évaporés » n’est pas seulement un beau titre de roman. Au Japon, il désigne ceux ou celles qui décident, un jour, de partir sans laisser d’adresse. Il y a peu d’espoir de les retrouver puisque la famille, pour qui « s’évaporer » est une honte, ne déclare jamais la disparition à la police. Kaze est l’un d’eux. Cet homme entre deux âges, désespéré de s’être fait injustement licencier, prend la tangente pour mieux comprendre qui a voulu sa perte. Il abandonne sa femme, avec qui il vivait seul depuis que leur fille Yukiko s’est installée à San Francisco. Yukiko ne peut accepter cette situation et, accompagnée de son ancien amant Richard B., poète et détective, retourne dans son pays natal. Les idées toutes faites de Richard sur « le pays du soleil levant » s’effondrent. Nous sommes quelques temps après le tsunami, loin des paysages-clichés que l’on imagine. Car le Japon que nous fait découvrir Thomas B. Reverdy, c’est celui des quartiers dévastés et des camps de réfugiés de l’après-Fukushima où vit une population d’une extrême pauvreté, prête à se faire exploiter pour subsister. Tandis que Kaze reconstruit sa vie et se lie à un jeune adolescent dont la famille a disparu pendant la catastrophe…

    À la fois mélancolique et plein d’espoir, le livre de Thomas B. Reverdy a un charme fou. Son roman, enquête policière poétique, toujours subtil, parfois même drôle, nous plonge dans un Japon mystérieux, inconnu en tout cas des Occidentaux. Il pose aussi une question : a-t-on le droit d’empêcher un être de disparaître si c’est ce qu’il désire ? Une des perles de la rentrée littéraire.

    Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u


  • 20 septembre 2013

    Une dernière lettre pour son épouse et une fuite dans la nuit...Kaze a décidé de devenir un de ces "johatsu" qui disparaissent sans laisser de traces, qui s'évaporent tout simplement. Au Japon, le fait n'est pas rare et les familles, marquées par la honte et le déshonneur, ne cherchent pas à retrouver le disparu. Mais Kaze a une fille qui vit en Amérique et qui ne veut pas en rester là. Yukiko embarque son ex, Richard B., détective poète et rêveur et toujours amoureux d'elle, pour un voyage vers le Japon sur les traces de ce père évaporé.


    Bien loin du Japon affairiste où les salarymen croisent les lolitas dans les couloirs bondés du métro, c'est du côté des laissés-pour-compte que nous convie Thomas B. REVERDY, dans les bas-fonds de Tokyo où se côtoient yakusas, chômeurs et prostituées, dans le parc d'Ueno où sous de grandes bâches bleues vivotent rejetés de la société et rescapés de Fukushima, dans la zone irradiée où pour gagner quelques sous, certains jouent leur santé, leur vie. On découvre la face cachée du Japon après la catastrophe de 2011 où les spéculateurs s'enrichissent sur le malheur et la mort. Mais ce livre n'est pas sombre pour autant, au contraire, il y a beaucoup de poésie et de tendresse dans les personnages, leurs questionnements, leurs choix, des personnages tellement humains, qu'ils cherchent ou se cherchent, que l'on s'y attache comme à des amis proches. Un roman d'amour, un polar, un roman social, bref un roman magnifique.


  • par (Libraire)
    18 septembre 2013

    Tout en subtilité

    Ce "roman japonais" d'une grande sensibilité est chargé d'une belle poésie. Tout en subtilité et avec une écriture très élégante, sur fond de post-Fukushima entre polar et délicatesse amoureuse, Les évaporés donnent place aux johatsu, ces personnes qui, au Japon, font le choix de disparaître pour recommencer une nouvelle vie. Rare !


  • 8 septembre 2013

    Au japon lorsqu’une personne disparaît, elle rejoint le rang des "johatsu" c’est-à dire des évaporés. Personne ne cherche à savoir ce qui pu pousser la personne à partir ou ce qu’elle est devenue. Un halo de mystère et de respect les entoure. Après trente-cinq années de mariage, Kaze licencié par la banque qui l’employait a fait ce choix. Sa fille Yukiko qui vit à San Francisco veut savoir pourquoi. Elle demande à son ex petit ami, Richard B., détective privé de son état de l’accompagner au Japon pour retrouver son père.

    Nous sommes au Japon de l’après Fukushima. Un pays en proie à soigner ses propres blessures, frappé par la crise économique et les catastrophes et où l’argent domine. Sale ou corrompu. Un pays où les yakuzas font régner la loi. L’enquête de Yukiko et de Richard B. est loin d’être facile car parler des évaporés porte malheur. Richard B. est partagé par sa fascination envers ceux que l’on appelle les évaporés et son désir pour Yukiko. Ce roman n’est pas uniquement porté par le personnage de Richard B. Kaze, Yukiko et Akainu un jeune garçon dont les parents ont disparu lors du tsunami interviennent nous faisant part de leurs questions et de leurs craintes.
    Cette porte donnée à chacun de disparaître sans se justifier est tout aussi envoûtante que douloureuse. Tourner une page de sa vie pour en écrire un autre sans se justifier n’est pas si simple qu’elle y paraît. Roman sur l’exil, la disparition, la renaissance mais aussi cette quête existentielle que nous portons tous en nous. L’image du Japon actuel côtoie une poésie, une mélancolie douce. L’écriture délicate et subtile presque évanescente de Thomas B. Reverdy nous offre un autre regard sur ce pays. Et la quiétude qui s’en dégage n’est qu’un apparat car les récifs et la détresse sont bien présents.

    Une lecture fascinante et troublante !


  • par (Libraire)
    28 août 2013

    Partis sans laisser d'adresse

    Une quête d'identité au pays du soleil levant. C'est rythmé, ça se lit tout seul, on entre tout de suite en empathie avec les personnages et, un peu à la manière d'un roman policier, on a vraiment envie de savoir ce qui va advenir à chacun d'entre eux. Et puis, il y a de très belles pages sur le Japon. On est loin de l'image un peu trop convenue que je m'en faisais. C'est le Japon de l'Après Fukushima et des Johatsu. C'est ainsi qu'on nomme là-bas ces personnes qui disparaissent sans laisser aucune adresse derrière eux. Sans-droit et sans identité, les Johatsu seraient chaque année plus nombreux au Japon et Kaze est de ceux-là. Sa fille, Yukiko, qui habite les États-Unis, décide de tout faire pour le retrouver. Avec l'aide de son ancien amant (mais toujours secrètement amoureux), le détective Richard B., elle mène l'enquête en se rendant sur place... Une écriture précise et pleine d'émotion, beaucoup de suspense... Bref, un vrai coup de coeur !


  • par (Libraire)
    5 août 2013

    Qu’est-ce qui pousse un homme ou une femme au Japon à disparaître, à abandonner son foyer, ses proches sans laisser de trace ni d’explication ? Des problèmes de cœur, des dettes, la peur de la pauvreté, un mal de vivre. Dans le pays du soleil levant, on les appelle les « Johatsu », les évaporés. Ce sont des hommes et des femmes qui pour survivre préfèrent disparaître. Ils abandonnent leurs droits, leurs papiers et laissent leur famille dans le déshonneur. Après 35 ans de mariage, Kaze, employé modèle, bon père de famille décide de disparaître seul dans la nuit. Pourquoi ? C’est pour répondre à ses questions et venir en aide à sa mère affolée que Yukiko rentre au Japon après 10 ans d’absence. Elle est accompagnée par son ex-compagnon, Richard B, détective privé, amoureux transi et amateur de bon whisky. Leur enquête n’est pas une mince affaire, surtout pour un américain qui ne connaît pas la langue et les coutumes. Comment obtenir des renseignements quand la question des évaporés est un sujet tabou ?
    A travers cette enquête, dans un style dépouillé et efficace le romancier Thomas B. Reverdy nous plonge dans les milieux défavorisés du Japon, dans le milieu sombre des Yakuzas. Distillant soigneusement les informations, on avance avec curiosité dans ce roman surprenant et émouvant. Une belle découverte de la rentrée.