Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Prémices de la chute
17 avril 2019

Terrorisme

Après l’excellentissime La guerre est une ruse, j’étais impatiente de lire la suite.

Tedj Benlazar n’est plus en Algérie mais en ex-Yougoslavie où la guerre fait rage. Sa fille Vanessa s’éprend d’un journaliste de "La Voix du Nord" qui couvre les faits divers.

En janvier 1996, dans la banlieue de Roubaix, à Croix, deux malfrats tirent à l’arme automatique sur des policiers lors d’un banal contrôle routier. Reif Arno, le journaliste remonte leur piste et découvre derrière ces deux braqueurs une entreprise terroriste qui échappe encore aux radars du renseignement français.

Au fil des années, jusqu’en 2001, la petite organisation Al-Kaïda va prendre de l’ampleur.

J’ai aimé suivre Reif Arno, journaliste un peu pataud que son beau-père Tedj envoie en Afghanistan, son amour torride avec Vanessa.

J’ai découvert Zacarias Moussaoui, petit gars de Narbonne qui n’a pu aller au bout de sa mission du 11 septembre, son parcours à Londres dans le Londonistan, et sa préparation en Afghanistan.

Gh’zala, dont Tedj était amoureux en Algérie, y vit toujours et lutte contre le Code la famille imposée aux femmes par le régime Bouteflika.

Benlazar se fait plus discret, qui disparaît dans la France profonde en Haute-Loire, mais qui continue, à sa façon et grâce à Reif, d’alerter ses anciens camarades sur le nouveau terrorisme.

Un récit mené tambour battant, alternant les personnages et faisant défiler les années jusqu’au bouquet final tragique.

Ce second volet, plus proche de moi dans le temps, m’a aidé à mieux comprendre le conflit en ex-Yougoslavie et ses répercussions actuelles, mais aussi le mode de préparation des attentats et l’inertie des services secrets américains.

Un roman fort, riche et documenté qui se lit comme un polar.

J’ai hâte de découvrir le dernier tome de cette trilogie : se déroulera-t-il en 2020 ou plus tard ? Quels seront les réseaux terroristes à l’œuvre ?

L’image que je retiendrai :

Celle des grottes de Tora-Bora où Reif se retrouve retenue, attendant une hypothétique interview. L’hiver, il y fait très froid, le climat servant de rempart naturel à toute intrusion ou tentative de fuite.

Quelques citations :

Un peu comme en Algérie, il faut suivre l’argent. (p.61)

Les militaires sont derrière toute chose en Algérie, capitaine. On dit « le GIA », mais c’est les militaires, en fait. p.126)

Il songe que celui qui cesse d’être ton ami ne l’a jamais été. C’est Shakespeare ou Aristote qui l’a dit. Les Algériens et les Français n’ont jamais été amis, c’est vrai. (p.127)

https://alexmotamots.fr/premices-de-la-chute-frederic-paulin/

Par le vent pleuré
17 avril 2019

Enquête aux États-Unis

Ligeia vient d’arriver pour l’été 69 à Sylva, petite bourgade des Appalaches.
Un jour où elle se baigne dans la rivière, Bill et son jeune frère Eugène la prenne pour une sirène, et Eugène tombe fou amoureux de cette jeune fille qui se donne si facilement à lui, contre quelques pilules.
Car le grand-père des garçons est médecin, et ils ont accès à la pharmacie du cabinet.
Quand le roman s’ouvre, le shériff vient de découvrir le cadavre de Ligeia dans une bâche enterrée.
Eugène devenu alcoolique contact son frère, devenu un chirurgien renommé, pour éclaircir le mystère du meurtre de la jeune fille qu’il croyait partie en Floride.

Un roman qui pourrait paraître léger, si ce n’était l’omniprésence du grand-père qui tient d’une main de fer la famille et la destinée du fils aîné, entraîné dès son plus jeune âge à devenir un grand chirurgien.

Le personnage d’Eugène m’a ému, alcoolique qui a failli tuer sa petite fille lors d’un accident de voiture alors qu’il conduisait en état d’ivresse. Depuis, il n’a plus de nouvelle.

Eugène qui a commencé à boire en compagnie de Ligeia et qui ne s’est jamais arrêté, sa forme de liberté ?

L’image que je retiendrai : Celle de Nabo, l’homme à tout faire muet du grand-père.

https://alexmotamots.fr/par-le-vent-pleure-ron-rash/

Dans la brume écarlate
17 avril 2019

Policier

Quel plaisir de retrouver Mehrlicht pour une quatrième enquête sur fond de Paris printanier mais brumeux.
Michel Sardou est mort et enterré au Père Lachaise, là où des litres de sang sont retrouvés.
Des jeunes filles disparaissent, dont la sœur de Tarek, un réfugié syrien de la Porte de la Chapelle. Tarek fera tout pour retrouver sa sœur puis ses meurtriers.
Yvan cherche aussi celui qui, il y a des années, a tué sa bien-aimée Mina. Et il s’agit du même homme, insaisissable.
Dossantos essaye toujours d’échapper à Bruno et au Parti qui l’a coincé.
Latour héberge toujours son amoureux, et Mehrlicht son fils qui lui a mis pour sonneries de téléphone les tubes des années 80 toujours à propos.
J’ai apprécié de lire le périple de Tarek et sa sœur depuis la Syrie, leurs espoirs et leur force ensemble.
J’ai aimé que Tarek ne lâche jamais, au péril de sa vie.
J’ai aimé les propos de l’auteur sur le difficile destin de toute femme : on tient bon les filles !
J’ai aimé les traits d’humour de la narration ainsi que les jeux de mots foireux de la légiste.
Mais dans ce nouvel opus, Mehrlicht tousse beaucoup.
L’image que je retiendrai :Celle d’Ileana dans son sarcophage de verre : ça ne devait pas être beau à voir….

Une citation : "C’est toujours les hommes qui tuent et les femmes qui meurent… dans tout le monde." (p.214)

https://alexmotamots.fr/dans-la-brume-ecarlate-nicolas-lebel/

Mémoire brisée

Les Escales Éditions

21,90
17 avril 2019

Enquête et mémoire

Second roman de l’auteur anglais dont j’avais beaucoup aimé Jeux de miroirs.
Le narrateur, le docteur James Cobb, est un hypnotherapeute réputé qui a eu une liaison avec une patiente qui s’est suicidée.
Un vieil homme riche, Josh, l’aborde un soir et lui demande quelques séances pour retrouver un souvenir traumatique enfoui.
Le thérapeute accepte mais ne peut aller au bout de ses séances, Josh étant trop fatigué. Il décédera peu après.
Mais James veut savoir ce qu’il s’est passé dans cette chambre d’hôtel à Paris : Simone est-elle morte ? Abe, l’ami de Josh, est-il coupable ? Où peut-être est-ce Josh lui-même ?
J’ai aimé suivre les fausses pistes du docteur Cobb : le journal d’Abe retrouvé alors qu’il est décédé dans un hôpital psychiatrique ; la recherche de Simone ; le comportement trouble de Josh avec les femmes.
Et la solution n’est pas celle que l’on croit car la mémoire n’est que parcellaire.
Encore une fois, j’ai aimé le propos de l’auteur sur la mémoire et sa façon de voir la vie.
L’auteur est également très critique vis-à-vis des riches impunis et des pauvres, condamnés à l’anonymat et oubliés de tous.

J’ai découvert que si M. Klaus Barbie avait pu s’échapper en Bolivie après la guerre (une partie du roman se déroule à Lyon), c’était parce qu’il avait fourni aux services secrets américains des renseignements sur le réseau d’espions soviétiques dormant en France.

L’image que je retiendrai : Celle de la maman chien sauvant un seul de ses petit dans un cercle de feu.

Quelques citations : "Je ne suis pas une et simple, mais multiple et complexe." (p.118)
"J’invoquais l’esprit de Google afin d’en savoir plus sur la Fondation. (p.201)
"Le passé est un autre pays." (p.237)
"On dit que le temps guérit tout. Ce n’est pas vrai. Quand le malheur frappe, le temps divise son cours en deux dimensions. Dans l’une d’elles, vous continuez à vivre, du moins en apparence. Mais dans l’autre, seul existe ce moment qui vous accable, encore et encore." (p.30)

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Amour propre
18,90
3 avril 2019

famille

Ce roman pose la question de la maternité : comment vivre alors que l’on se rend compte qu’avoir des enfants ne nous a pas épanouie ?

Guilia arrive à un moment de sa vie où elle a besoin de faire une pause : ses enfants sont grands et censés être autonomes, ses recherches sur Malaparte l’entraînent à Capri dans la maison de l’écrivain, elle est toujours à la recherche de sa mère.

Si les passages sur la villa de Curzio ne m’ont pas passionnées, j’ai en revanche été scotchée par celles sur le mal-être de Guilia.

Je me suis reconnue dans ses phrases sur l’abandon de sa mère, la douleur de vivre avec une part manquante.

Le sujet de la maternité n’a pas éveillé d’écho en moi, mais j’ai aimé les paroles de réconfort de la responsable de la maison.

Une lecture qui a suscité bien des émotions, m’a fait venir des poissons d’eau dans les yeux et qui m’a remonté le moral.

L’image que je retiendrai : celle du chat de la maison qui sera finalement baptisé Poucet.

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