Elizabeth P.

À la ligne, Feuillets d'usine

Feuillets d'usine

La Table Ronde

18,00
24 avril 2019

Joseph n’a pas retrouvé de poste d’éducateur spécialisé depuis qu’il est en Bretagne. Pour survivre, il enchaîne alors les petits contrats pour une boîte d’intérim. D’abord dans une conserverie de poissons puis dans un abattoir.
C’est incroyable. Tout le livre sans ponctuation, mais écrit d’une manière si aérée, si poétique que la lecture n’en est en rien entravée. C’est très beau.
Et pourtant, le sujet ne prête ni à la légèreté ni à la poésie.
Être employé à la chaine dans une usine, c’est quasiment l’enfer, ça n’a guère évolué, voire pas du tout depuis « Les temps modernes » de Charlie Chaplin, c’est toujours la déshumanisation la plus totale. Et tout ça pour un salaire de misère, avec des cadences infernales et des horaires décalés. Et des millions de gens vivent ça chaque jour !
C’est comme un tour de magie d’avoir pu écrire ce livre d’une manière qui semble si désinvolte, bercé par les poèmes d’Apollinaire…, les chansons de Barbara, de Trenet…
Une belle prouesse offerte par Joseph Ponthus à qui on ne peut que souhaiter de retrouver un poste dans sa branche au plus vite.

Dans les prairies étoilées
23 avril 2019

Merlin fait des Bandes Dessinées. Tout lui réussit, ses albums se vendent bien, il vient d’acheter une vieille ferme à retaper avec Prune, son amour. Son ami André est le modèle de son héros de BD, Jim Oregon.
Mais voilà, Laurent meurt soudainement, laissant Merlin en plein désarroi, d’autant que le testament qu’il lui a laissé le met bien dans l’embarras.
Ah ! Marie-Sabine Roger !
Si elle n’existait pas, il faudrait l’inventer.
Quelle sensibilité, quelle imagination, quel humour, quel talent !
À chaque roman de nouveaux personnages plus beaux, sympathiques et émouvants les uns que les autres.
On se demande où elle va les chercher, comment elle peut les rendre à chaque fois si différents, si vivants, si véridiques
Dans Les prairies étoilées, les 325 pages défilent à une vitesse vertigineuse. Outre des personnages fabuleux, la manière de penser de Merlin, traduisant des événements du quotidien en images de BD est désopilante. On rit tout en étant ému.
325 pages de bonheur pur.

La Femme qui ne vieillissait pas
22 avril 2019

Betty est une jeune femme belle, heureuse, comblée par son mari. Un ami photographe fait son portrait chaque année. Étrangement, à partir de trente ans, d’années en années, elle ne vieillit plus du tout.
Ce qui lui semblait merveilleux au début finit par empoisonner sa vie. Cela m’a semblé tout gentillet comme histoire.
Un beau conte, un peu simpliste, qui se laisse lire sans déplaisir mais ne fait pas crier au génie.
La postface, par contre, m’a beaucoup émue et a fait remonter d’un cran la portée de ce roman.

Deux sœurs
17,00
22 avril 2019

Deux sœurs.
Mathilde, la trentaine, épanouie dans son métier de prof, comblée dans sa vie de couple, voit sa vie s’effondrer quand Étienne la quitte, du jour au lendemain. C’est la descente dans la dépression profonde aggravée par une mise à pied dans son boulot.
Agathe, sa sœur, mariée, une petite fille, heureuse, l’accueille chez elle. C’est une histoire d’abandon comme on a l’impression d’en avoir déjà beaucoup lue.
Ce n’est pas un grand roman. Ce n’est pas du grand Foenkinos.
Mais l’écriture est simple et fluide, et, malgré les tourments de Mathilde, j’ai passé un moment de lecture plutôt agréable.

La nature exposée
18 avril 2019

Un beau conte contemporain et intemporel à la fois.
Le personnage est puissant et beau.
Sculpteur, passeur de clandestins, amoureux de la nature, modeste…
Poésie, art, nature suintent au fil des pages.